Congrès de l’Ugica-CFTC, à REIMS
3-5 décembre 2009
L’UGICA-CFTC réunie en Congrès à Reims, du 3 au 5 décembre 2009, entend dénoncer la financiarisation de l’économie contemporaine et proposer les voies et moyens de rétablir le juste rôle des cadres.
L’UGICA-CFTC confirme sa dénonciation de la financiarisation de l’économie contemporaine.
La crise financière qui traverse nos économies a montré la pertinence des positions de l’UGICA-CFTC.
Le désordre économique qui en résulte montre avec force le danger de la recherche du seul profit.
Le modèle social français a amorti les effets dévastateurs de cette crise et a ainsi démontré sa légitimité.
A cette crise, s’ajoute aussi une crise de sens qui interpelle les cadres dans les entreprises.
Le dogme des réorganisations spéculatives est fragilisé, remis en question et trouvera contre lui les cadres de l’UGICA-CFTC.
La disparition programmée de l’entreprise communautaire dont les piliers étaient un lien social construit sur la durée, une organisation hiérarchique simple, une convergence des intérêts de ses membres (salariés, actionnaires, clients) déstabilise les cadres.
Les conséquences en sont dramatiques concernant le respect de la personne humaine tant dans les entreprises publiques que privées.
Les cadres sont particulièrement touchés à toutes les étapes de leur vie professionnelle.
L’UGICA-CFTC confirme son combat contre la souffrance au travail, la paupérisation et l’absence d’équilibre intergénérationnel qui détruisent le moral du cadre.
La souffrance vécue par les cadres résulte souvent du conflit entre leur volonté d’assurer un travail bien fait en mettant en œuvre leurs connaissances par un investissement et un engagement permanent et les ambitions des entreprises adeptes des dogmes de la recherche de profits immédiats sans prise en compte de l’aspect humain.
Ce conflit est facteur de stress dont le cadre est le premier rempart contre la diffusion à ses collaborateurs et collègues.
C’est intolérable !
La paupérisation des cadres s’amplifie par la pression sur les salaires et la généralisation des rémunérations individualisées et variables.
Alors que nous subissions déjà les différences salariales entre les hommes et les femmes, les écarts de salaires ne cessent de s’accroitre entre les cadres selon leur place dans la hiérarchie du management.
Les jeunes même très diplômés sont les premiers à subir le tassement des salaires. Il n’est pas rare de rencontrer des salaires inférieurs à 1500 euros pour des jeunes à qui l’on réclame le même investissement qu’à leurs ainés.
La gestion par projet comme la généralisation des missions fragilisent les cadres et précarisent leur position dans l’entreprise. Ils contribuent ainsi à la paupérisation des cadres.
La recherche théorique de la notion d’équipe et donc d’objectifs collectifs s’oppose à l’isolement du cadre à l’occasion des entretiens individuels exclusivement orientés sur les objectifs individuels.
Cet isolement conduit à la perte de respect des cadres, favorise la compétition interpersonnelle et détruit en fait l’esprit d’équipe indispensable à l’épanouissement des personnes.
C’est insupportable !
L’absence d’équilibre intergénérationnel est révélatrice de la perte de repères dans l’entreprise moderne.
Les jeunes cadres sont souvent opposés aux cadres séniors par la volonté des directions générales qui développent une concurrence intergénérationnelle aux seules fins de réduire les coûts.
La recherche légitime par les nouvelles générations d’un équilibre réel entre la vie professionnelle et la vie familiale est souvent comprise par les plus anciens qui ont subi le dogme du travail tardif et de l’engagement sans limite.
Nombre d’employeurs s’acharnent à détruire les solidarités.
C’est inadmissible.
L’UGICA-CFTC est force de propositions et totalement mobilisée pour défendre l’Homme. Elle présente trois nouvelles revendications.
La CFTC crée la notion de la valeur humaine ajoutée pour dépasser la notion de création de valeur financière.
La CFTC ouvre le débat sur la création d’un tribunal international du travail ayant pour mission de condamner les Etats non respectueux des normes de l’OIT.
La CFTC réclame que dans le respect du principe des droits et devoirs, le cadre puisse faire valoir une clause de conscience telle que le devoir d’alerte.